Risque contractuel

Clause de force majeure

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Définition

La clause de force majeure définit les événements échappant au contrôle des parties (catastrophe, guerre, épidémie, décision administrative) qui suspendent ou éteignent leurs obligations sans engager leur responsabilité. Elle précise, au-delà du régime légal de l’article 1218 du code civil, les événements couverts, la procédure de notification et les conséquences sur le contrat.

Enjeux et pratique

La force majeure est passée en quelques années du statut de clause de style à celui de clause stratégique. Pandémie, tensions d’approvisionnement, cyberattaques, événements climatiques : les directions juridiques ont découvert que leurs clauses, recopiées de contrat en contrat, ne répondaient pas aux questions concrètes le jour où elles devaient servir.

Le régime légal pose trois conditions cumulatives : un événement échappant au contrôle du débiteur, imprévisible à la conclusion du contrat, et dont les effets sont irrésistibles. La jurisprudence applique ces critères strictement : une hausse de coûts, même brutale, n’est pas un cas de force majeure (c’est le terrain de l’imprévision), et un événement prévisible à la signature ne libère pas. D’où l’intérêt de la clause : élargir, restreindre ou préciser ce régime par des listes d’événements, des seuils et des procédures.

Une clause opérationnelle traite quatre points que le régime légal laisse ouverts. La qualification : liste indicative ou limitative d’événements, sort des cas discutés (grève interne, défaillance d’un sous-traitant, cyberattaque). La procédure : délai et forme de notification, justificatifs, obligation de limiter les effets. Les conséquences : suspension des obligations, sort des paiements pendant la suspension, prise en charge des coûts. La sortie : durée au-delà de laquelle chaque partie peut résilier, et modalités de cette résiliation.

En portefeuille, l’enjeu est l’asymétrie : les clauses acceptées dans les contrats fournisseurs sont souvent plus larges que celles concédées aux clients. En cas de crise systémique, l’entreprise reste tenue envers ses clients alors que ses fournisseurs sont libérés. Cette asymétrie ne se voit qu’en consolidant les clauses des deux côtés.

Exemple concret

Lors d’une cyberattaque paralysant un prestataire logistique, celui-ci invoque la force majeure prévue à son contrat, qui liste expressément les attaques informatiques. Son client, lui, n’a pas de clause équivalente envers ses propres clients : il reste tenu de livrer, supporte les pénalités de retard, et découvre que son exposition nette sur cet événement n’avait jamais été analysée.

Question fréquente

Une cyberattaque est-elle un cas de force majeure ?

Pas automatiquement. L’imprévisibilité et l’irrésistibilité se discutent : une attaque banale contre un système mal protégé remplit difficilement les critères. La sécurité juridique passe par la clause : qualifier expressément les cyberattaques, et préciser les conditions (gravité, diligences de protection préalables).

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